Le harcèlement au travail constitue aujourd’hui l’un des principaux risques juridiques pour les employeurs.
Au-delà de la protection des salariés, l’entreprise doit adopter une réaction rapide, structurée et juridiquement sécurisée dès qu’une situation est signalée.
Une mauvaise gestion peut engager la responsabilité de l’employeur, entraîner un contentieux prud’homal ou/et pénal, et fragiliser durablement l’organisation interne.
Qu’est-ce que le harcèlement au travail ?
Le harcèlement peut être :
moral, lorsqu’il résulte d’agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail ;
sexuel, lorsqu’un salarié subit des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste.
L’ employeur n’a pas à qualifier immédiatement les faits sur le plan juridique, mais il doit réagir dès qu’une situation est portée à sa connaissance.
Les obligations de l’employeur
L’ employeur est tenu à une obligation de prévention et de protection de la santé des salariés.
Concrètement, il doit :
prévenir les situations de harcèlement ;
traiter les signalements avec sérieux ;
prendre des mesures adaptées pour faire cesser les faits ;
protéger les personnes concernées.
L’ inaction ou une réaction insuffisante peut engager la responsabilité de l’employeur.
Comment réagir à un signalement de harcèlement ?
Une réaction tardive est souvent reprochée à l’employeur en cas de contentieux.
L’ employeur doit recueillir les éléments disponibles et entendre les personnes concernées, sans préjuger de la situation.
Lorsque les faits le justifient, une enquête permet :
d’établir les circonstances ;
de recueillir les témoignages ;
de sécuriser la décision finale.
Des mesures conservatoires peuvent être nécessaires pour éviter une aggravation de la situation.
La traçabilité des actions menées est essentielle pour démontrer la réaction rapide et appropriée de l’employeur.
Le CSE peut être associé aux questions liées à la santé, la sécurité et les conditions de travail.
L’employeur doit veiller à respecter les règles de consultation lorsque la situation impacte collectivement l’organisation du travail.
Quels risques pour l’employeur ?
Une mauvaise gestion d’une situation de harcèlement peut entraîner une condamnation prud’homale, des dommages et intérêts, une atteinte à l’image de l’entreprise , une condamnation pénale dans les situations les plus graves.
Comment sécuriser juridiquement la réaction de l’employeur ?
Il convient de mettre en place des procédures internes claires pour faciliter la gestion des situations sensibles.
L’ employeur doit éviter toute décision précipitée avant l'analyse complète la situation et agir avec neutralité.
Chaque situation nécessite une appréciation au cas par cas conduisant le cas échéant à des mesures conservatoires et à des sanctions disciplinaires.